← Retour au blog

Top 10 des points de vue au Japon

Tateyama Murodo Station, Tateyama Kurobe Alpine Route, Toyama — 2,450 m, Japan
Photo: Kahusi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le Japon combine une topographie volcanique complexe avec une tradition ancienne de contemplation du paysage. Les belvédères y sont souvent liés à des pratiques spirituelles — temples en falaise, pèlerinages de montagne — mais aussi à une infrastructure touristique parmi les plus sophistiquées du monde. La sensibilité japonaise à la lumière et à la saison transforme souvent le moment du jour en dimension essentielle : le Goraiko (lever de soleil sur le Fuji), la floraison des cerisiers à Yoshino ou le panorama nocturne de Hakodate sont des rendez-vous saisonniers précis, pas de simples paysages à voir à n'importe quelle heure. Voici les dix points de vue incontournables, à retrouver sur la carte.

1. Cinquième Station (Subashiri / Yoshida), Mont Fuji, Shizuoka

La cinquième station du sentier Subashiri (2 000 mètres) ou du sentier Yoshida (2 305 mètres) sur le mont Fuji (3 776 mètres) est le point de vue accessible en bus depuis Tokyo (2 heures depuis la gare de Shinjuku). En 2024, une redevance de 2 000 yens et un plafond de randonneurs par jour ont été instaurés sur le sentier Yoshida pour limiter la surfréquentation estivale ; la fermeture nocturne à 16 h limite également les ascensions de nuit sans préparation. La station de Subashiri, moins fréquentée, reste une alternative. Depuis la cinquième station, la vue porte sur les plaines du Kantō au nord (par temps clair, jusqu'à Tokyo à 100 km) et sur la baie de Suruga au sud. Le lever de soleil (Goraiko) depuis le sommet nécessite une nuit en refuge (plusieurs refuges sur la route, réservation indispensable en juillet–août) et une ascension nocturne de 5 à 7 heures depuis la cinquième station. La saison officielle est juillet–septembre ; les mois d'octobre à février offrent les meilleures vues du Fuji depuis la plaine (Kawaguchiko, Yamanakako).

2. Route Alpine Tateyama Kurobe, Toyama/Nagano

La Route Alpine Tateyama Kurobe traverse les Alpes japonaises en combinant téléphérique, trolleybus souterrain (tunnel de 3,7 km), bus alpin et crémaillère sur 90 kilomètres entre Toyama et Shinano-Ōmachi. Le point culminant est la terrasse de Murodo (2 450 mètres). La vue depuis Murodo sur le massif volcanique du Tateyama (3 015 mètres) et sur le corridor de neige de la Murodo Daira — des murs de neige atteignant 20 mètres de hauteur en avril–mai, formant une avenue encaissée — est l'une des vues les plus spectaculaires des Alpes japonaises. À la fin de la saison (mi-octobre à mi-novembre), le feuillage automnal sur les versants du Tateyama ajoute une palette de rouges et d'or. La route est ouverte de mi-avril à mi-novembre. La traversée complète en une journée depuis Toyama jusqu'à Shinano-Ōmachi est la façon habituelle de la parcourir ; compter une nuit à Murodo pour les couchers et levers de soleil.

3. Bord du cratère du volcan Aso, Kumamoto

Le mont Aso (1 506 mètres pour le Nakadake), dans la préfecture de Kumamoto sur l'île de Kyushu, héberge l'un des volcans les plus actifs du Japon dans l'une des plus grandes caldeiras du monde (25 km du nord au sud, 18 km d'est en ouest). Le cratère Nakadake est accessible par route à péage et par bus depuis le centre d'accueil (le téléphérique est actuellement hors service). L'accès au bord du cratère est conditionné par l'activité volcanique et peut être fermé sans préavis ; vérifier le statut d'ouverture quotidiennement auprès du musée volcanique d'Aso. Par temps clair et activité modérée, la vue directe sur le lac cratérique en ébullition (couleur turquoise par accumulation de soufre) et sur la caldeira extérieure herbeuse est une expérience sans équivalent en Asie. La ville de Kumamoto, à 50 km, est accessible par Shinkansen depuis Fukuoka (35 minutes) ou Hakata (30 minutes). Meilleure saison : printemps (mars–mai) et automne (septembre–novembre) pour la stabilité atmosphérique.

4. Temple Kiyomizu-dera, Kyoto

La terrasse du temple Kiyomizu-dera (classé patrimoine mondial de l'UNESCO), construite en 1633 sur des piliers de bois de cyprès à 13 mètres au-dessus de la colline du Higashiyama (242 mètres), offre une vue sur les toits de Kyoto, les forêts de l'arrière-pays et, vers le nord-ouest, la silhouette de la ville. La terrasse est orientée nord-ouest ; la lumière du matin (7 h–9 h) est optimale pour la vue sur les boisements en premier plan. Le temple ouvre à 6 h — arriver tôt pour éviter la foule considérable en saison des cerisiers (fin mars–début avril, 30 000 cerisiers dans le voisinage) et du feuillage (mi-novembre, érables autour du temple). L'accès se fait à pied depuis le quartier de Higashiyama (15 minutes de montée depuis la station Kiyomizu-Gojo de la ligne Keihan). La vue la plus photographiée sur l'ensemble de la terrasse principale est depuis le belvédère d'Otowa-no-taki, en contrebas et à gauche de l'entrée principale.

5. Tokyo Skytree, 350 m et 450 m

Le Tokyo Skytree (634 mètres), la structure la plus haute du Japon (et de l'Asie), dans le quartier de Sumida, propose deux paliers d'observation : le Tembo Deck à 350 mètres et le Tembo Galleria à 450 mètres. La vue depuis 450 mètres embrasse la totalité du Grand Tokyo (aire métropolitaine de 37 millions d'habitants) et, par temps clair — principalement en hiver, décembre–février, lorsque l'air est plus sec et moins chargé d'humidité — le mont Fuji à 100 km à l'ouest. Le Tembo Galleria est une passerelle en spirale entièrement vitrée qui permet de faire le tour du panorama en marchant. Le soir, les lumières du réseau de rues, de rivières et de canaux de Tokyo forment un spectacle d'une complexité unique. Réservation en ligne recommandée (site Tobu Skytree) pour éviter des attentes de 60 à 90 minutes en haute saison. La station la plus proche est Oshiage (lignes Hanzōmon et Asakusa).

6. Lever de soleil depuis le Mont Yoshino, Nara

Le mont Yoshino (671 à 900 mètres), dans la préfecture de Nara, est le site de cerisiers le plus célèbre du Japon — 30 000 arbres sur les versants, organisés en quatre zones de floraison à des altitudes différentes (Shimo-Senbon, Naka-Senbon, Kami-Senbon, Oku-Senbon). La floraison progresse de bas en haut sur environ deux semaines en mars–avril, offrant un spectacle évolutif. La vue sur la mer de cerisiers en fleur depuis les zones hautes (Kami-Senbon et Oku-Senbon), quand la lumière du lever de soleil touche les premières fleurs, est l'une des images les plus célébrées du calendrier japonais. La montée vers Oku-Senbon (1 heure de marche depuis la station de téléphérique) est indispensable pour la vue en profondeur sur les versants. Accessible par train Kintetsu depuis Osaka-Abenobashi (1 h 15) ou Nara (45 minutes). Réservation de logement en ryokan sur la montagne fortement conseillée pendant la floraison.

7. Téléphérique du Mont Hakodate, Hokkaido

Le téléphérique du mont Hakodate monte en 3 minutes de la ville basse à 334 mètres d'altitude. La vue depuis la terrasse sommitale sur la ville de Hakodate est l'une des trois « plus belles vues nocturnes du Japon » (avec Nagasaki et Kobe) selon la classification traditionnelle. La forme de la péninsule de Hakodate — un isthme étroit entre la baie de Hakodate à l'ouest et le détroit de Tsugaru à l'est — produit, vue depuis le sommet, une silhouette urbaine unique : deux bandes d'eau noire encadrant un ruban de lumières. La vue nocturne est l'expérience dominante ; le téléphérique fonctionne jusqu'à 22 h en été (jusqu'à 21 h en hiver). Hakodate est reliée à Tokyo par le Hokkaido Shinkansen en environ 4 heures depuis la gare de Tokyo. La vieille ville (Motomachi, entrepôts de Kanemori en brique rouge) vaut également la journée de visite.

8. Miyajima, Mont Misen, Hiroshima

Le mont Misen (535 mètres), sur l'île-sanctuaire de Miyajima (Itsukushima), est accessible par téléphérique depuis la station Kayatani jusqu'à Shishiiwa (425 mètres) en deux tronçons, puis à pied jusqu'au sommet en 30 minutes ; ou entièrement à pied depuis le débarquadère par les sentiers forestiers (1 h 30 par la route de Momijidani). La vue depuis le sommet porte sur la mer intérieure de Seto (Seto Naikai) parsemée de centaines d'îles, la côte de Hiroshima, le delta de l'Ōta et, vers l'est, le Shimanami Kaidō. En contrebas, le torii flottant d'Itsukushima (16 mètres de hauteur, orange vermillon) dans la mer à marée haute est visible depuis le sentier de descente. La lumière du coucher de soleil sur le torii rouge dans l'eau est l'image emblématique de Miyajima. Meilleure saison : novembre pour le feuillage des érables (Momijidani, « vallée des érables »). Accès depuis Hiroshima : ferry depuis Miyajima-guchi (10 minutes, fréquent toute la journée).

9. Gorge de Tenryū-kyō, Nagano

La gorge de Tenryū-kyō, sur la rivière Tenryū dans la préfecture de Nagano, se contemple depuis des bateaux de plaisance qui naviguent entre des parois rocheuses de granit et de rhyolite plongeant 30 à 50 mètres dans la rivière. Le belvédère de Benten, accessible à pied depuis la gare de Tenryūkyō (15 minutes de montée), domine la gorge depuis environ 150 mètres de hauteur et offre une vue en plongée sur le méandre de la rivière. La lumière d'automne (mi-octobre à mi-novembre) sur les érables (kaede) et les ginkgos couvrant les parois est l'expérience visuelle optimale — les reflets colorés dans l'eau ajoutent une dimension supplémentaire. Accessible par train depuis Nagoya (via Toyohashi, Iida-sen, 2 h 30) ou Matsumoto (Iida-sen, 2 heures). En dehors de la saison du feuillage, la gorge est tranquille et offre une randonnée forestière agréable sur les sentiers de corniche.

10. Vallée d'Iya, rivière Iya, Tokushima

La vallée d'Iya, dans le centre de l'île de Shikoku, est l'une des trois « régions cachées » (Kakusato) du Japon. Les parois de la vallée s'élèvent de 400 à 600 mètres au-dessus de la rivière Iya. Le belvédère de Kazurabashi, au-dessus du pont de lianes traditionnel (reconstruction moderne, 45 mètres de portée, 14 mètres au-dessus de la rivière), offre la vue la plus directe sur le profil en V des gorges. Le belvédère d'Ōboke, accessible depuis la route nationale 32 par un sentier court (10 minutes), surplombe la rivière à 500 mètres de hauteur avec un panorama plus large sur la vallée supérieure. Le feuillage d'automne (novembre) sur les versants boisés est spectaculaire. Les fermes traditionnelles à toit de chaume (gassho-zukuri) accrochées aux pentes raides de la haute vallée ajoutent une dimension architecturale unique à ce paysage. Accès : bus depuis la gare d'Ōboke (ligne Dosan, 50 minutes de bus jusqu'à Kazurabashi) ; Ōboke depuis Kochi (1 heure) ou Tokushima (1 h 30).

Organiser l'itinéraire

L'axe Honshu (Fuji, Tokyo, Kyoto, Miyajima) est couvert par le Japan Rail Pass en 10 à 14 jours avec des étapes en shinkansen. Kyushu (Aso) et Hokkaido (Hakodate) nécessitent chacun une extension de 2 à 3 jours. La carte affiche chaque site avec son altitude, le type d'accès et les recommandations saisonnières.